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  • Photo du rédacteurFanny Bellemare-Martin

Dénouer les conflits par la communication non violente

Dernière mise à jour : 29 juin 2023

(Tiré du livre de Marshall B. Rosenberg)


Marshall Rosenberg est un psychologue clinicien qui a inventé et développé la communication non violente afin d’offrir aux gens des moyens de communiquer de façon plus pacifique que ce soit au travail, dans les relations de couples, avec les enfants ou encore entre « clans rivaux ». Il a su rapprocher juifs et Allemands des années après la fin de la 2 e guerre mondiale tout comme il a réussi à faciliter le dialogue entre gangs de rue ou encore au sein des prisons.



Fanny Bellemare-Martin communication non violente




Il a offert des conférences à travers le monde en mettant de l’avant les bénéfices d’un langage « girafe », le langage du coeur vs les écueils de l’approche du « chacal », un langage qui est coupé de ses émotions. Pourquoi la girafe? Parce que c’est le mammifère qui a le plus gros cœur. Celui-ci doit être assez gros pour pomper le sang tout le long du cou jusqu’à la tête (premier organe du corps à recevoir du sang oxygéné). De plus, sa tête, tout en hauteur, lui permet d’avoir un regard différent sur ce qui l’entoure, de prendre de la distance et avoir une meilleure vue d’ensemble.


La communication non-violente

La CNV est basée sur l’empathie; cette capacité de se mettre à la place de l’autre et de comprendre ce qu’il ressent. Le but est de co-exister avec l’autre en toute authenticité et de lui offrir un espace de bienveillance, une zone de confiance ou autant MOI que l’AUTRE pouvons s’exprimer et écouter à tour de rôle.

Au cœur de la CNV, il y a l’intention i.e. la posture que nous prenons afin de créer un espace relationnel qui priorise la qualité de la connexion. Cela demande d’être présent autant pour Moi

que pour l’AUTRE afin de générer de la confiance, de la collaboration, de la considération, de

l’ouverture, de la créativité et susciter de la bienveillance.

L’important c’est la qualité de la connexion avec l’autre et non de trouver des solutions. Les

solutions sont les stratégies mises en place et c’est souvent là que ce trouve les frictions, les

conflits et les prises de bec. D’ailleurs, Marshall Rosenberg disait : « Tout conflit est l’expression

tragique d’un besoin insatisfait ».

La connexion se créer en allant à la rencontre des besoins de l’autre tout en respectant ses

propres besoins. Un besoin est quelque chose d’universel, intangible et intrinsèque.

La prémisse de base est : « Tout ce que les gens disent ou fond est une tentative de répondre à

un besoin ».

Donc, dans un premier temps, on identifie nos besoins. C’est important de les reconnaître, les

accueillir, les honorer et prendre action pour y répondre.

Pour identifier nos besoins, il suffit d’identifier nos émotions, nos sentiments. Ceux-ci se

manifestent par une réaction physiologique. C’est un peu comme un indicateur sur un tableau

de bord qu’il y a quelque chose dont on doit prendre soin. Il est important de faire la différence

entre un besoin et une pensée ou une envie . La pensée se manifeste dans notre tête alors que


le besoin se manifeste dans notre corps. Ex : J’ai besoin de manger. Mon ventre gargouille, je

manque d’énergie, etc alors que la pensée serait : j’ai envie de manger un sandwich au jambon.

Selon la CNV, la première clé du bonheur se cache dans la formule suivante : « Je me sens..

Parce que j’ai besoin de… » et ensuite, on trouve une façon de répondre au besoin. Ex : Je me

sens fatiguée, étourdie parce que j’ai besoin de me nourrir.

Afin de bien communiquer avec les principes de la CNV, l’auteur nous propose de voir les choses

sous cet axe : il se dépolit en 4 étapes en suivant l’image d’un bonhomme : tête – cœur – ventre

– jambes.

Quand on entre en communication avec quelqu’un sur la base de la CNV, on commence par :

1) observer ce qui est là (on observe « tête » avec nos yeux et nos oreilles) : qu’est-ce que

l’autre dit ou fait? Ce sont des observations que l’on voit et que l’on entend. Elles ne

sont ni des interprétations ni des évaluations ou des jugements, mais bien des faits.

2) Ensuite, au niveau du cœur : qu’est ce que la personne semble ressentir? Dans le doute,

on pose la question!

3) Au niveau du ventre : à quel besoin est-ce que cela réfère? Encore là, nous pouvons

avancer une hypothèse ou poser la question.

4) Au niveau des jambes : qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ou encore que pouvons-

nous faire ensemble pour répondre à ton besoin tout en respectant les miens.

Évidemment, le même scénario est valide pour soi-même!

1) Qu’est-ce que j’observe chez moi? (qu’est-ce que je dis, avec quels tons, quel débit de

voix? Comment est ce que je bouge, etc?)

2) Comment je me sens par rapport à ça?

3) À quel besoin est ce que je veux répondre?

4) Comment vais-je m’y prendre?

Avec ça, il se crée une « danse » entre moi et l’autre où les 2 parties échangent de l’information

en suivant toujours le même axe jusqu’à ce que nous convenions d’une entente qui respecte les

besoins des 2 personnes.

Quand on veut adresser une demande à l’autre afin de répondre à notre besoin lié à nos

sentiments, la CNV suggère :

- Faire une demande concrète : qui cela concerne, à quel endroit, quand et qu’est-ce que

l’on veut faire (qui, où, quand, quoi).

- Cette demande est liée à notre besoin.

- Elle est adressée de façon positive

- Elle est négociable (et non une exigence)


À la base de la communication non violente, il y a l’empathie, i.e. cette capacité de comprendre

ce qui est vivant chez l’autre tant au niveau des sentiments ou émotions que des besoins.

L’empathie n’est pas de la sympathie. Il ne s’agit de vivre l’émotion avec l’autre, mais bien de la


comprendre. Cela demande de l’écoute, d’être réceptif, présent, ouvert, bienveillant et curieux.

Ça ne veut pas dire que l’on est d’accord et encore moins que nous allons prendre en charge ce

qui est amené par notre interlocuteur. Cela veut dire que l’on est ouvert à accueillir ce qui est là.

Chaque personne a le droit d’ÊTRE pleinement dans ses émotions.

Afin de mettre toutes les chances de son côté afin d’être pleinement disponible à l’autre et à

soi, la présence est très importante. Pour optimiser cette présence, rien de mieux que de

respirer profondément, observer ce qui est là, déposer les choses, ne pas prendre ce qui ne

nous appartient pas et écouter.

Nous sommes responsables de nos émotions. Celles-ci ne sont pas provoquées par l’autre, mais

par notre attitude intérieure. C’est nous qui réagissons à quelque chose, à nous de nous

réapproprier notre pouvoir.


En conclusion, je peux dire que la CNV a changé ma vie! Je l’utilise avec mes clients afin de

mieux comprendre leurs besoins, installer un climat de confiance et surtout pour les amener à

mieux identifier ce qui est présent pour eux, ce qui les anime et à quels besoins ils veulent

répondre. Ensuite, je les guide pour trouver la meilleure stratégie dans l’atteinte de leurs

objectifs.

Il m’arrive aussi de leur enseigner les rudiments de la CNV afin d’améliorer leurs relations

interpersonnelles. Que ce soit avec la famille, les amis, les collègues de travail, la CNV rejoint

tout le monde puisqu’elle permet d’établir des ponts, de créer de l’ouverture et d’éviter les

mésententes souvent dues à une mauvaise interprétation des choses ou à des jugements. Et

par-dessous tout, je leur parle de bienveillance. Être bienveillant d’abord avec soi-même puis,

avec les autres.

Puis vous savez quoi? J’applique de plus en plus la CNV à ma propre vie! Autant dans mes

relations personnelles que professionnelles et je m’en trouve grandie, plus épanouie et plus

heureuse.


Bonne lecture ��

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